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CHAPITRE III

 

L’ANDROGYNE

 


 

 

            Dans les paragraphes suivants est commentée l’aventure des androgynes dans leur tentative avortée de se dérober au sort promis : celui dont eurent à pâtir les espèces humaines pour le reste des cycliques futurs. En tant que race humaine, c’est-à-dire membres de la même famille quant aux signes anthropologiques, mais sujets d’un peuple à la civilisation avancée, ils durent affronter la « surprocréation » d’autres espèces géométrisées dont ils savaient, « en effet différé », l’implication néfaste sur le contrôle des états de suspens.

 

            La projection de l’ambiant contient, en la densité existentielle qui la justifie, le rapport qualité/quantité imputable à chaque espèce en raison de son statut dans la superposition. Que le deuxième élément du rapport glisse vers une croissance disproportionnée et voilà le désordre qui s’installe, de même que l’urgence de le corriger.

 

            Cette nécessité prit corps dans l’esprit de cette race qui n’eut d’autre recours que celui d’instaurer une sorte de limitation des naissances en ignorant, semble-t-il, les causes génératrices (réminiscences et processus de procréation) ; l’initiative échoua bien entendu !

 

            Tout ce qui est relié à la capacité d’admissibilité d’impression ne peut bénéficier d’un assentiment collectif lorsqu’il s’agit notamment d’espèces géométrisées et tant l’insuffisante harmonie du processus d’échange existentiel que sa spasmodicité eurent raison de cette prise de conscience assez peu partagée.

 

            Il advint, en écho à l’échec précité, une accélération de la mécanique récursive provoquée par davantage de ruptures associées au déflexionnisme des situations provoquées. Cet effet « synchrotroniste », en créant plus de vivant, alimente le courant d’expansion démographique. L’ambiant augmente la vitesse de son spiralisme resuperpositoire sous la contrainte conjuguée d’une amplification des ruptures et des fréquences de retour.

 

            Le champ des états de suspens s’en trouve encombré : c’est le lieu où se cristallisent les revies par interférence des couloirs d’échanges (dimensionnalité spécifique) dans les flux directionnels, selon le degré de superposition des ambiants.

 

            En conséquence du dérèglement amplificateur les espèces transgressèrent la densité viable dans le même temps où, parvenues à l’aboutissement du cyclique, celui-ci réclamait son remplacement. A l’échelle de l’ensemble des espèces humaines on imagine sans peine le désordre s’ensuivant, aussi bien au plan de l’équilibre des sous-ambiants qu’à celui du resuperpositionnement.

 

            L’effet différé déstabilisateur est inveloppé dans le directionnel des faisceaux dont les modifications de vitesse pourvues par le déflexionnisme génèrent les formes idoines. En amont de cet Espace stratifié, hôte des flux, l’existence actualisée et ses divers courants sont inclus dans l’état de transtructuralisation originel ; autant dire que la fonctionnalité existentielle émanant de l’échange est partie intégrante de l’ordre implié, donc de la Pensée en le mouvement qu’elle suscite. Retenons au passage l’usage du préfixe « trans » dans sa signification étymologique de dépassement, entendu ici comme un « dépassement de la forme », une recréation.

 

            Devant l’échec de régénération en le suspensif une dernière recherche désespérée de sauvegarder leur intégrité se fit jour sous la forme d’une vague déferlante de suicides. Or ce procédé autodestructeur se concrétise lors d’un ordonnancement magnétique qu’il faut se représenter telles des incursions d’Espace-Vide en le volumique au gré de la mouvance attractive. L’altération de la qualité des choses à vivre se confirme en proportion de la qualité de Pensée que les flux impriment aux espèces et s’épand ainsi la détérioration de l’échange débouchant sur la multiplication des ruptures intentionnelles.

 

            Ce situationnel s’accompagne, faut-il le rappeler, d’un inconvénient mémoriel indélébile en la fabrication de réminiscences dues au projet obsessionnel qui l’y prédispose. Du reste, ces ruptures collectives et apparemment choisies revêtent-elles une forme de processus de compensation, remédiant à la dysharmonie quantitative, en sa variante volume/Vide. L’élévation des androgynes s’apparenterait à une ascension de la Pensée ou à un accès à l’onde de Vide afin d’éviter que son mouvement rotatoire ne les entraîne dans une réification fonctionnelle.

 

            La narratrice nous invite cependant à introduire l’élément « d’apoptosisme » dans la prise en compte du facteur déclenchant cette disparition massive. Etymologiquement « apoptosis » signifie en grec « chute des feuilles » ; à l’automne, sous l’influence des conditions climatiques, un programme génétique provoque chez l’arbre la chute des feuilles. De façon générale, « apoptose » s’emploie lorsqu’il y a mort programmée des cellules lors du développement de l’embryon. Par extension, dans notre souci permanent de recherche de la cause causale, nous apprenons que chaque existence est dotée de ce patrimoine létal consubstantiel à l’informationnel des flux.

 

            On comprend mieux la place que tient « thanatos » dans notre configuration psychique et la contradiction dont ce substantif est chargé, puisque la rupture est annonciatrice de vie et de changement a posteriori.

 

            La dégénérescence de l’espèce sanctionna cette « déflation » provoquée, imputable par ailleurs à la fixité des états de suspens ; cette aporie évolutive est due à la surpopulation des couloirs de recellularisation et aux réminiscences quelque peu néfastes fournies par ces ruptures.

 

            Cette conséquence souligne le figement au plan de l’élévation. Comme à chaque fois, dans un situationnel comparable, il se décèle une accélération du spiralisme et des fréquences de retour limitant la durée d’accès au temporel et, partant, la présence dans le dimensionnel inconscient.

 

            Le circuit en boucle, comme immobilisé par son absence totale d’opportunité d’échange valorisant, nous renvoie au point de non-retour, donc à une impossibilité structurelle de changer le formationnel en cours.

 

            Ce faisant, cette stagnation s’aggravait de l’encombrement du suspensif résultant des ruptures inhérentes à la densification exagérée du viable. « Plus les espèces se volumisent, plus l’ambiant exerce de pression à leur endroit » est-il dit par ailleurs et de ce fait l’incidence interférentielle bien réelle des états de suspens nuit au réverbérationnisme informationnel.

 

            Etant acquis qu’en l’Espace-Vide les flux directionnels impriment la qualité des choses aux revies, il est logique d’induire une déflexion de ces courants provoquée par l’entrecroisement avec les couloirs d’ambiant en resuperposition. En effet, ce phénomène de rencontre de différents plans de conscience s’opérant dans la confusion augmente la probabilité d’un amalgame sans harmonie des positionnements eccéitaires, lequel se fait au détriment, là aussi, d’une louable progression de certains ensembles ; d’où l’aphorisme parfaitement d’actualité : « Cette forme de désordre engendre un désordre des formes » et des présences d’êtres en des ambiants étrangers à leur dimension.

 

            On peut comparer cette situation à celle d’une classe avec un nombre limité d’élèves qui verrait tout à coup l’effectif grandir démesurément et s’installer les dysfonctionnements que l’on imagine, entraînant pour finir un recul des connaissances transmises.

 

            Le résultat fut catastrophique pour les androgynes incapables de gérer la coordinence de leur « réadaptabilité massique » ; sachant que le premier terme de ce groupe lexical désigne une synthèse chimique moléculaire entre un minéral et un composé liquide, on comprend que l’on est en présence d’une reconstitution cellulaire dont la valeur productive se mesure à l’aune de la proportion minéralogique sur l’ensemble. Une moindre minéralisation du tissu cellulaire rend le sujet plus facilement « démolécularisable », ce qui présente un avantage certain pour la phase « d’homochromisme » ou « aptitude à faire corps ».

 

            Ce facteur biologique pesa fortement dans l’entreprise de réadaptabilité de l’espèce entière, considérée au regard de sa propre densité. Le rapport physique entre densité et masse se classe au nombre des constantes de la physique.

 

            A cela s’ajouta la compression du conjoncturel ambiant qu’il faut entendre tel un phénomène réducteur de solutions salvatrices ; cet effet est produit par l’inévitable accélération du mouvement spiralien en chaque terminaison cyclique et entretenu par la conjugaison des forces centrifuge et de pression opacifiant la perception de la Situation Etablie.

 

            La vision déformée de la nature de l’acte à entreprendre en matière de « regéométrisation » prépara le lit du remplacement progressif de « l’exogénisme » fondé sur les « multiprojections » convergentes des cellules propres à la reviviscence en champ libre.

 

            Précisons avant tout que l’exogénisme dont il est question est originel ; en d’autres termes, il fonde la nature des regéométrisations façonnées par l’espèce. Il en est la marque d’identification évolutive. Cette technique « transcorporéitaire », pourrions-nous dire pour demeurer dans l’esprit grammatical de préfixation, déplace le site de conception à l’extérieur des protagonistes, donc dans l’absence d’échanges corporels.

 

            En appuyant notre commentaire sur le fait que les semi-géométrisés, lors des états de suspens qu’ils contrôlent, utilisent des ressources moléculaires de notre espèce pour accéder au palier d’ambiant désuperposé, nous présumons que certaines cellules sont appropriées pour la reviviscence jusqu’au point où l’ingérence intracellulaire aborde l’échange gazeux existentiel qui leur est inaccessible ; d’où le choix discriminatoire des constituants consciemment géré.

 

            La convergence des cellules se cristallise dans l’ambiant qui projettera l’existence les reconduisant dans leur spécificité. Le lieu d’opération est qualifié de champ libre. Ne s’agirait-il point d’un espace exempt de forces traditionnelles le traversant (magnétique, gravitationnelle) et ne pouvant se conjuguer avec les mémoires qui génèrent la revie ? Des portions d’Espace-Vide ?

 

            Les modifications qui affectèrent ce mode générateur furent imposées par l’hérédité récessive, au fil des générations, sous la forme du tubicolisme. De contenu pluricellulaire, son espace tubulaire fermé, non naturel, rassemble les cellules spécifiques pour la reviviscence ; ces éléments constitutionnels, de coordinence imparfaite, sont issus du suspensif après leur passage dans des ambiants de moindre qualité.

 

            Nous remarquerons que les multiprojections émanent d’un flux porteur dirigé alors que toute « colligération » implique un tri, un choix, une pensée réfléchie privée de fulgurance. On aura reconnu l’analogie avec le binôme Situation Etablie/situation provoquée.

 

            Sans doute ce tubicolisme fut-il inspiré par le souci d’épargner de tout contact récessif les cellules sélectionnées mais sans soupçonner qu’un enfermement dans un lieu clos, qui plus est artificiel, priverait l’élément de la répertorisation alternative de la Lumière.

 

            Proche du « rhéotaxisme » quant à son principe, on décèle la volonté de se placer, par l’usage d’un procédé qui marque la volonté de ne pas structurer le circonstanciel, dans un courant opposé au mouvement de surprocréation provoquée. Ce rhéotaxisme de substitution, synonyme du désir d’élévation des états de conscience, nourrit une pratique dont l’efficacité s’avéra défaillante.

 

            On est en droit de conclure que toutes les fois où une visée intentionnelle souhaite prendre le dessus par rapport au mouvement de l’ordre implié, fût-ce même en cas de désordre, la récursivité ambiante récupère la tentative à travers la fusion permanente.

 

            Ce premier échec accentua la confusion dans la mobilisation de l’intelligence affectée à la solution de la procréation et, soudées à des métamorphoses biologiques, se succédèrent des pratiques procréatives dégénérées par rapport au modèle issu de l’exogénisme.

 

            Il y eut d’abord un état intermédiaire : le « tétraploïdisme », cas où le noyau cellulaire enfermant le patrimoine chromosomique voit celui-ci doublé. Nous relevons en même temps que cet avatar fut le dernier du cyclique en cours. Un cataclysme fit suite, manifestation édaphique d’une nécessité de changement, préfigurant la mutation dont l’ambiant, actualisé par l’Alternance Osmotique, initia le mouvement.

 

            Puis apparut le « sexuparisme », conséquence tangible de cette mouvance et premier état de la séparation des sexes jusqu’alors réunis chez le même sujet. Ce renversement, tout au long des reproductions massives, s’adapta à des accommodements donnant lieu au « scissiparitisme » par lequel nous sommes vécus, c’est-à-dire la scission ou division organique de l’œuf fécondé en deux individus égaux.

 

            Ces péripéties natalistes prouvent, si besoin est, la prépondérance de l’ordre établi sanctionnant le dépassement de la quantité viable au moyen de la division de la population embryonnaire, contrepartie biologique de la division de l’Intelligence Divine dans le cadre désormais familier du point de non-retour.

 

            Il n’est pas inutile de commenter la remarque suivante dans la chronologie du propos relatif aux modifications que subissent les espèces au long des cycliques existentiels.

 

            Le vecteur signifiant le repérage de tout ce qui vit et évolue s’interprète telle l’ascension graduelle de la conscience à l’intérieur de ce que l’ambiant propose. Or l’ordre de la conscience ne diffère pas de l’ordre de l’informationnel et de la matière qui inveloppent l’Univers.

 

            Sous la législation de la récurrence réadaptatrice et du spiralisme ambiant rien de ce qui trouble durablement l’équilibre de la densité ne demeure tel. A la faveur des modifications du support, des espèces disparaissent physiquement mais leur trace imprime l’Espace temporellement à cause des séquelles mémorielles et des gènes autodestructeurs pour ce qui nous concerne directement.

 

            Plus l’évolution consacre le quantitatif plus forte s’exerce la pression de l’ambiant à l’encontre du support, handicapant l’échange dans sa fonction harmonieuse. La surprocréation des espèces humaines conjuguée à l’effet perturbateur des initiatives des androgynes consommèrent un « conséquentiel » désormais offert à l’invariable récursivité. Toutes les fois que le spiralisme ambiant s’accélère au terme du cyclique la correction engagée formule des arrangements dépendants de l’état avéré des facteurs et entités présents.

 

            Le nouveau paysage situationnel s’avança sur la base d’une agrégation de particules subsistant du réverbérationnisme « postcellulaire ». Le principe du réverbérationnisme originel où se trouvent confrontées les précellules génératrices des courants de pression existentialisateurs invite à admettre la présence de Lumière induite. Celle-ci oriente le mouvement, donc la Pensée, dans toutes les strates de la superposition spatio-temporelle sous la forme de directionnels variablement qualitatifs.

 

            Le profit que notre humanité retira de ce donné épousa la gestuelle semi-consciente de l’agissement qui n’est autre que la détermination à faire corps avec le mouvement mais diversement puissante selon le degré de l’élan fidéiste qui la    sous-tend.

 

            Au plan où se développèrent les événements transformateurs des espèces à l’orée du nouveau cycle, on décèle, pour compléter le fonds commun qui allait servir de foyer à la qualité des choses à vivre, des groupements mémoriels d’actes agis et des portions d’ambiants, toutes choses communément présentes dans les états de suspens.

 

            Inutile d’épiloguer longuement - au regard des accidents évolutifs advenus aux espèces géométrisées - sur la fragilité du socle ainsi bâti, servant de support aux susdites espèces. Ce qui consista en une redistribution de l’Intelligence Divine s’accompagna intimement d’une sélection des existences - naturelle car ambiante - et le projet qui présida aux actes agis de nos mythiques aïeux fixa, dans la mécanique de nos situations futures, le virus de l’intention ourdie par le cogito, préalable à l’action et qui annonce la « séquentialisation » généralisée de nos existences.

 

            A l’inverse de l’agissement qui affiche une prépondérance unicitaire, l’intention commune donne à vivre la collectivisation de l’acte à agir au terme d’une concertation et voilà pourquoi notre espèce s’engouffra progressivement dans l’impasse d’une finalité quantitative de son évolution.

 

            La fragmentation du mode de vie, en filiation directe avec l’effet réverbérationniste déjà évoqué, initie une projection formelle du penser provenant de l’égocentrisme de l’activité mentale. Cette dernière n’est que la copie du processus turbulent d’où elle naît, nous entraînant vers la conclusion d’une unification de ces pôles dont l’échange existentiel spasmodique endosse la paternité.

 

            La dysharmonie récurrente aggrava assez vite le qualitatif mémoriel destiné aux reviviscences et, une fois de plus, ce désordre affecta l’ensemble des espèces pensantes interférant dans le suspensif.

 

            Le processus de compensation ou échange gazeux existentiel conditionne les modulations de la densité cellulaire de laquelle se dégage, à son apogée, la vocation à vivre le dimensionnel temporel. L’incapacité d’une intervention directe sur ce processus en état de suspens, en ce qui concerne la civilisation de Karzenstein, la livra à la loi que le réverbérationnisme directeur impose à toute déflexion génératrice de formationnels existentiels.

 

            Une fois de plus l’implacable systématisme originel fait de la Situation Etablie le seul ordre qui ait valeur de statut.

 

            La réflexion lumineuse directrice révèle la Pensée dans sa traversée fulgurante des positionnements spécifiques en démultiplication. Ce courant fluidique, antérieur à la densification des existences, véhicule par le donné l’inveloppement de l’ordre implié à l’échelle de l’ambiant tout entier. Cet avènement de facture gestaltique entretient les parties constitutives dans une relation interactive. Cet ensemble se donne à voir telle une structure étagée en paliers de conscience transmettant l’aptitude à faire corps avec le mouvement.

 

            La démultiplication à partir de l’osmose parfaite accrédite les diverses fonctions, lesquelles vivent imparfaitement le directionnel manifesté et ce fait provoque a posteriori une accélération de la récursivité mobilisant l’Espace-Vide ; ce dernier épuisant toute l’information en raison de son origine divine, il est aisé d’admettre sa localisation périphérique, laquelle enveloppe les positionnements existentiels. Le mouvement rotatoire qui l’anime, eu égard à la géométrie curvilinéaire du cosmos, prend de la vitesse en proportion du déflexionnisme des spécificités existentielles et s’insinue dans les Espaces volumiques afin d’épandre la qualité des choses à vivre au moment des revies.

 

            Ce remodelage du suspensif fut préjudiciable à l’évolution des Etres de lumière qui, en ce cyclique, existèrent en tant que civilisation. La variété des espèces pensantes qui les relie à l’échelle noétique nous enjoint toutefois de les réunir dans la commune définition d’espèces humaines que l’inaccessible fluidité contient dans un « interventionnisme » compensatoire inabouti.

 

            Bien que subissant le double handicap d’une promiscuité démesurément envahissante et d’un échange gazeux non maîtrisé en état de suspens, l’issue s’avéra heureuse pour l’Espèce de notre informatrice qui parvint, malgré tout, à une convenable harmonisation dans le choix des cellules destinées à la reviviscence, grâce essentiellement à l’origine distincte du support à partir duquel ils furent projetés sur la planète Terre.

 

            Ce privilège initial favorisa l’œuvre de la mue constitutionnelle, inévitable dès lors que, rendue au pouvoir du processus de compensation existentiel, elle procède au réajustement des formationnels au terme de la course du cyclique.

 

            La remise en ordre que la Loi des Echanges commandait par métamorphoses interposées mit en exergue l’informationnel de l’ordre implié du Temps, en lequel s’exprime la volonté du Père.

 

            Aussi vrai que demeure le principe édictant que les espèces ne disparaissent pas temporellement, il n’en est pas de même « spatialement », nous l’avons vu, et les récentes géométries humaines investirent d’aussi récents espaces géométriques.

 

            Les flux dispensateurs de la Pensée d’essence gestaltique axée sur l’interaction des existences dessinèrent une restructuration de l’espace vectoriel. Contentons-nous d’émettre l’hypothèse d’une réponse des vecteurs d’identification nouveaux à la redéfinition des coordonnées physiques adaptées à la génération de remplacement.

 

            Mais cet agencement n’eût pu avoir lieu sans une subparallélisation de l’Espace volumique, à savoir une démultiplication du postréverbérationnisme sis en amont du systématisme originel. Les couloirs de l’Espace volumique abritèrent les hôtes géométrisés selon l’intensité de la Pensée osmotique correspondante, intercalée à la faveur du mouvement circulaire et périphérique de l’Espace-Vide qu’il sied de visualiser telle l’aire où se recueille le suspensif, c’est-à-dire où se distribuent les cartes de la revie.

 

            Le fait que l’ordonnancement magnétique siège au centre d’un semblable maelström ne surprend pas celui qui associe à cette ingérence physico-noétique du Vide une forte calorification bouleversant l’orientation polaire minérale à laquelle sont mathématiquement reliés les vecteurs de nos continuums.

 

            Esquissons un retour analytique sur les translations cinétiques que l’on interprétera comme autant de déplacements équipollents en l’Univers nouvellement stratifié, lesquels peuvent être intuitivement assimilés à l’ascension à partir de la bioluminescence vers la transparence.

 

            L’agissement des V.E.T. qui les autorisa, lors du cataclysme libérateur, à ne pas structurer la finalité provisoire pour s’offrir à une sélection naturelle eut comme dénominateur le « faire corps » les unissant à la pression ambiante dans la fidélité la plus authentique aux ressources de l’inveloppement.

 

            Une qualité de choses à vivre juste vint célébrer, en quelque sorte, l’accession respective des espèces aux limites de leur capacité d’admissibilité d’impression. Les semi-géométrisés, à l’encontre de ce que vécurent Karzenstein et son Espèce, eurent à subir la pression qui les confina dans un état de support, lequel est exposé de facto aux vicissitudes accablant cette situation subalterne comme la compression, l’oppression ou la dépression.

 

            Ces épisodes significatifs d’une dynamique spasmodique témoignent d’une part des effets écrasants et réducteurs auxquels est soumis un support en soi et d’autre part, selon les modulations imprimées, des fluctuations ambiantes régies, ainsi que cela est évoqué plus haut, par le mouvement de l’Alternance Osmotique.

 

            Celle-ci, érigée en loi, affiche par là même son irréductibilité à l’appui d’une formulation interactive des liaisons cosmiques ainsi que d’une participation première à tout ce qui existe dans la succession des instants de l’ordre implié. La place de l’Alternance Osmotique s’avère à l’origine des flux directionnels, c’est-à-dire au stade de formation du faisceau principal lorsqu’il est encore un foyer non subdivisé.

 

            D’après le principe formulant que celui qui vit l’avènement vit la suite en l’événement, ne soyons pas surpris de rencontrer l’Alternance Osmotique livrant son message dans la variété des positionnements propres à la recueillir, en fonction des capacités réceptives que la désuperposition ambiante aura mis en équation.

 

            En d’autres termes employés par notre interlocutrice, ce principe directeur s’identifie par la formule évocatrice « collision/collusion ». La collision des flux divergents procrée des existences que nous reconnaissons aussi bien dans l’émergence des sphères célestes que dans une configuration évolutive synthétisant les paramètres essentiels d’un état ; ce sont les preuves tangibles du pluridimensionnel des projections lumineuses.

 

            Ce choc frontal préalable se déroule dans les couloirs d’Espace-Vide, eux-mêmes parallèles car consécutifs à la stratification d’un unique faisceau surgi de deux forts courants de pression originels et par la suite divisé pour satisfaire à l’exigence de désuperposition et démultiplication.

 

            La miscibilité des flux que la rencontre ne peut éviter élabore un état existentiel dont la qualité s’harmonisera au positionnement du lieu de fusion dans la stratification. Ce formationnel s’intégrera dans l’interactivité de tous les ambiants imposée par la commune origine notée plus haut. Chaque situationnel demeure au contact du Tout, même si la situabilité dans l’agencement constitutionnel apparaît inabordable au penser.

 

            L’existence nouvellement éclose, intégrée donc dans une esthétique gestaltique, absorbe la répertorisation alternative de la Lumière, officiant harmonieusement en chaque localisation démultipliée en raison de la qualité des choses à vivre et aussi de la bonne continuité du reçu. Le terme « d’alternance » fait penser au mode respiratoire, un aller-retour comparable à un mouvement oscillatoire qui balaierait tout le champ de la superposition.

 

            En conclusion, la pression, bien que permanente, n’est pas constante et ses écarts répercutent sur les vitesses l’instabilité initiale. Référons-nous au mouvement apparemment chaotique de la masse ectoplasmique avec le mouvement imprévisible de ses parcelles en tous sens pour évacuer de notre analyse toute perspective d’uniformité ; laquelle absence n’entame en rien l’unité.

 

            L’oscillation s’articule autour d’un point d’équilibre constamment renouvelé dans notre cas par le fait de la mise en correspondance interactive des paramètres en place dans le processus de compensation existentiel. Le degré des forces cinétiques et potentielles agissant dans la dynamique oscillatoire est proportionnel à l’écart mesuré à ce point d’équilibre. Il nous faut rapporter ces forces, au plan de notre cosmogonie, à leur impact dans le processus de récursivité.

 

            La digression scientifique sur le thème de l’oscillation se poursuit par l’évocation de la théorie de la mécanique statistique mise en œuvre par Einstein. En quelques phrases, expliquons grossièrement cette théorie de recherche illusoire d’un point d’équilibre définitif afin de la mettre en liaison avec ce que nous venons de dire.

 

            La préoccupation du scientifique collait avec son temps, au crépuscule du XIXe siècle, qui voyait les chercheurs en physique se concentrer sur la thermodynamique et la théorie cinétique des gaz dans le cadre de la structure microscopique de la matière ; la thermodynamique endosse l’effectivité d’une théorie macroscopique de la matière - en ce cas précis de mécanique statistique - étudiée sur le plan atomistique grâce à l’utilisation de l’outil statistique.

 

            Boltzmann, qu’Einstein revisita en fait, calcula un nombre de manières, toutes équiprobables, de réaliser un état macroscopique d’équilibre à partir d’une évaluation de ses composants microscopiques.

 

            Cette supposition d’équivalence devint pour Einstein sans justification et il se décida à affecter une probabilité précise à chaque état microscopique en fonction de sa fréquence.

 

            L’idée lui vint de fixer un état d’équilibre macroscopique permanent au moyen d’un thermostat régulateur ayant pour fonction de corriger les écarts de température à l’équilibre.

 

            Hélas, ce point ne fut jamais acquis définitivement et le système mis en place oscilla autour de ce point fictif. Cet échec paraît pour nous inéluctable car, à la lumière de ce que nous apprend le mouvement permanent issu du fixisme originel, un point d’équilibre absolu est un état figé, à l’opposé du principe de fusion constante.

 

            Un état précis n’identifie l’équilibre que par rapport à l’instant qui l’actualise ; les variations de ses facteurs internes diluent la causalité directe les affectant en l’interdépendance au profit de la causalité originelle œuvrant dans la Création et qui échappe à une situabilité prévisionnelle.

 

            Le mouvement au départ inveloppe la diversité des choses à vivre que l’Alternance Osmotique qui lui est associée élèvera en démultiplication au rang de causalité spécifique, invitant au mimétisme selon les capacités respectives. Au plus haut degré de cette Loi de l’Echange où intervient la mue évolutive en tant que pont, nous voilà en présence de la fulgurance mimétique ou, en d’autres termes, d’un état où le sujet est en totale osmose avec le mouvement directif ; c’est pourquoi l’équilibre est toujours acquis aussi bien que vécu, conférant à cette connaissance les couleurs de la foi. 

 

 

 


CHAPITRE IV

 

LA FOI 

 


 

            Dans cette dernière partie de l’entretien est développée l’énigmatique question de la foi, difficile à enfermer dans une définition reconnue et acceptée par tous et objectivement indécelable sans la participation d’une expérience capable de la révéler. Dans ce cas, il n’est rien de plus normal pour ladite foi que de se formaliser par rapport à l’espèce à laquelle appartient le sujet qui en est le réceptacle. Cela étant posé, cette gestuelle osmotique se présente, en ce qui regarde notre espèce bien sûr, en tant que limite indépassable de l’aptitude à se fondre avec l’onde propagée des fluctuations alternatives.

 

            Son avènement généré par la neutralisation des directionnels requiert un intérêt particulier de notre part, munis des éléments que nous possédons. Nous admettons, pour l’avoir déjà relaté, que la rencontre de directionnels qui se neutralisent engendre une plage d’immobilisme.

 

            Auparavant, la fusion constante des choses aura chargé ces faisceaux de l’informationnel que le mouvement/Pensée déclinera à travers les espèces sous la forme d’ondes pourvoyeuses du mode pulsionnel, lequel traduira la qualité intrinsèque du transmis en l’échange.

 

            Cette réactivité qui figure l’écho de l’intuition provoquée par les directionnels s’harmonise avec le processus de compensation existentiel pour constituer les divers ambiants en lesquels chacun se détermine en fonction de sa faculté d’interception.

 

            La propriété à vivre le mimétisme avec l’onde de Vide, orchestrée par le syzygisme spatio-temporel, définit la foi, le « faire corps ». Les nuances dans les réponses traduisent la densité de l’échange, laquelle se retrouve dans les dynamiques collectives de peur conjurée par des pratiques déclenchant des courants opposés stabilisateurs ou des phénomènes gestaltiques rassemblant en interaction des secousses telluriques et des mouvements de foule. On l’aura compris, c’est la modification des données de l’échange initialement induites par les variations imprimées par la force d’attraction aux flux directionnels qui conditionne le mode pulsionnel, donc la foi.

 

            On imagine aisément que ce déterminisme n’empêcha point le déploiement d’un riche chromatisme qualificatif dont l’hétéromorphisme servit de support. Ce courant multiplicateur de morphologies ne pouvait que satisfaire l’impérieuse loi des ambiants « densité/qualité » dans sa permanence, indépendamment de sa transgression par les androgynes ; d’ailleurs, une fois la disparition de cette espèce mère consommée, vint s’ajouter parallèlement à cette genèse l’action morphogène des espaces vectoriels en leur renouvellement.

 

            La dominante gestaltique qui empreint toute cette articulation adaptative concerne aussi les espaces vectoriels et leurs changements. On peut par exemple intervenir sur les éléments d’un même vecteur ou modifier la base vectorielle en diminuant le nombre de vecteurs, en d’autres termes transformer sa dimension.

 

            Dans un ambiant conjoncturel où la tendance est à la détérioration de l’échange, la compression des repères vectoriels peut fort bien se rapporter à un phénomène identique de dégradation de la dimensionnalité des continuums humains.

 

            Cette redéfinition géométrique trouve en la transtructuralisation sa cause initiale - mais plutôt originelle serait-il préférable de dire en référence à l’ordre implié du Temps qui la contient. La succession des instants, chacun rassemblant tous les autres selon sa situation ordinale, est le support conducteur du voyage de la Pensée dans la visite des états existentiels émergents.

 

            En même temps qu’elle crédibilise l’omnipotence de l’échange, la richesse du transmis rend caduque l’hypothèse de sa fragmentation, grâce notamment à la Pensée qui le traverse et l’anime. Le différentiel de réverbération qui diffuse la qualité des choses à vivre se fonde sur la permanence du donné et la compensation existentielle que propose l’ambiant ne souffre aucune déviance prolongée à l’égard de la Situation Etablie.

 

            L’effacement de l’androgyne de la scène biologique et sa contribution à la densité existentielle aboutirent à la formation d’un hétéromorphisme résiduel qui adapta sur le mode quantitatif l’ordre ancien soutenu par l’espèce disparue. Forts du principe que seule l’Harmonie multiplie, la résignation est de mise devant l’inéluctable fragilisation qui guettait la prolifération anthropomorphe.

 

            Le résultat ne se fit pas attendre, empruntant tout à la fois les traits d’un hétéronomisme et d’une létalité accentués. Et si l’enveloppe psychique de nos lointains ancêtres eut à subir la pression grandissante des facteurs extérieurs, la cause immédiate incombe aux réminiscences récessives subsistant des périodes antérieures.

 

            L’adoption de la scissiparité en tant que technique de gestation écarta la liberté du choix des cellules de regéométrisation, qu’il fût naturel ou pas, au profit de l’unique solution qu’offrit le patrimoine parental. Notons qu’à la base de ces composants mimétiques et chromosomiques se structura la vectorisation de l’espace qui confinerait ensuite nos déplacements et représentations dans de plus étroits repères.

 

            Comme par ailleurs l’accélération spiralienne de récursivité réduisait les états de suspens, tout en amplifiant les fréquences de retour, afin de parvenir à la régulation de la densité viable, on ne voit que la diminution de la durée de vie consciente qui pût satisfaire à la résolution de cette équation.

 

            Ces voies correctrices ne furent évidemment pas les seules et si le « vulcanisme » ne présente pas de difficulté majeure de compréhension, le « subductionnisme », quant à lui, exprime le cas géophysique d’une plaque océanique s’enfonçant sous une autre plaque en raison de leur croissance de surface aux dorsales océaniques et du volume inextensible de la terre. L’action pathogène du virus dont la vie est liée à la cellule hôte développe sa virulence selon la zone infestée, au plan individuel, et provoque aussi des hécatombes au plan des espèces lorsque c’est l’ambiant qui stimule sa propagation.

 

            Ce mouvement autocorrectif illustre la détérioration en cours et promeut l’actualité du point de non-retour car cette séquence de la Pensée inveloppée revêt les attributs d’une existence procédant, comme il se doit, de la rencontre de deux flux lumineux dispensateurs de la qualité des choses à vivre ; ce positionnement ne peut se soustraire à la Pensée qui le vit.

 

            On retrouve le mouvement de cette même Pensée dans la « préprogrammation » aux particules de leur caractère séquentiel puisqu’il imprime son informationnel au formationnel, donc à l’existentiel du point de non-retour. Cette occurrence d’actualité délivra sa vérité par la réduction de la durée de vie, corollaire de la division inhérente à la séquentialisation et complément de la mise en équation de la quantité viable citée plus haut, en ses principaux aspects.

 

            En fait, ce catalogue de déboires, récessifs pour le bon ordre de la progression de notre espèce, reposa sur la structure ambiante en sa subparallélisation. Tout dans la syzygie spatio-temporelle s’édifiant au gré de la démultiplication, la parallélisation initiale créée par la rencontre des courants de pression formateurs de faisceaux se retrouve dans chaque cas où s’entrecroisent des continuums, et l’ambiant en est un exercice très représentatif.

 

            Cette « infraparallélisation » fit le lit de l’interférence des courants qui circulent en son sein par l’advection que la géométrie du situationnel rendit obligatoire. Le dispositif de stratification, même démultiplié, ne peut contrevenir au principe d’immixtion de l’onde de Vide entre les Espaces volumiques ; ainsi le donné, le directionnel, dévia sa course linéaire et diffracta les flux, installant une qualité d’ordre inférieur.

 

            La diffusion tangentielle de l’informationnel conduisit ipso facto à l’appauvrissement intrinsèque du message et la dilution de la substance lumineuse affecta de même le reçu qui, de moindre puissance, se discerna moins convenablement et, de ce fait, compromit la réflexion du transmis dont l’empreinte n’agit pas uniquement dans l’acte mais également sur la mémoire.

 

            La fragmentation de « l’unitaire » - c’est ainsi qu’il y a lieu de le représenter - émietta la cohérence fulgurante du donné en une dispersion réceptrice. Il est opportun, en l’état avancé du dialogue, d’esquisser une association herméneutique avec la « transpulvérulence de la complexité » rencontrée plus haut ; celle-ci incarne en la réductibilité de la réception du donné un progrès aussi bien dans le « faire corps » que dans les états consécutifs aux mues évolutives, lesquelles conduisent de la bioluminescence vers la transparence.

 

            La dépense d’énergie incontrôlée qui perturba l’harmonie de l’échange existentiel orienta la perception extrasensorielle du vécu vers une mutation récessive dans le sensoriel.

 

            Si le captage des signaux sensoriels après leur passage vers les centres nerveux est évident chez le sujet ne souffrant d’aucune pathologie rédhibitoire, en revanche, la mobilisation des ressources extrasensorielles ressortit à la capacité d’admissibilité d’impression car est investi à cet endroit le dimensionnel concerné par l’onde de Vide.

 

            Une fois de plus, relevons que la Pensée dont tout procède dans le vivant est multidimensionnelle à l’image du Temps et que le mimétisme dans sa formulation ondulatoire est affaire de mue évolutive. Ce que l’homme avait conservé de sa faculté à épouser le mouvement, à savoir l’agissement et « l’intuito-instinctivité » - déjà quelque peu entamés -, céda la place à l’intelligence analytique et à l’acte.

 

            Avertis par le contenu des Textes antérieurs, nous ne nous attarderons pas sur le jugement dévalorisant qui pèse sur ces deux artefacts de la Pensée, le premier n’étant en bonne part rien de plus que l’aptitude pour apprendre à apprendre et le second ayant conquis le statut d’une fonction normative.

 

            La réflexion intelligente interdisant la spontanéité de la réponse, c’est-à-dire activant la mécanique anthropocentrique de transmission du donné, il devient inévitable d’aboutir à l’exacerbation du cogito ; l’acte se définissant telle la projection intentionnelle d’une réalité rêvée, se creusa au fil du temps chronologique le décalage entre « ce qui est » et son interprétation en actes agis.

 

            Une interface nommée délai prit corps conséquemment à l’hypertrophie ipséitaire et éloigna dans l’ordre de l’avènement de la chose à vivre le temps premier de la réception luminescente de sa continuation consciente.

 

            En l’état parvenu de l’évolution, même de moindre qualité, la concomitance temporelle entre les deux phases eût été source d’un possible ressaisissement face à l’aporie existentielle où s’était engagée l’espèce ; malheureusement, notre perception du temps se limitant à l’unidimensionnel, le délai masqua la qualité des choses à vivre que l’ambiant projetait. L’épaisseur de l’intervalle, qui n’est autre que celle du cogito, contribua à un effet de diffraction du donné sur les phases de durée et de qualité du transmis.

 

            Incapable d’obéir aux devoirs que la fusion temporelle avait imposés, l’homme ne put rien officialiser qui ne répondît à la volonté de durer, substituant son « inframouvement » au préjudice du « devoir être » dont l’unique exigence se résorbe dans le « faire corps ». Les atermoiements et erreurs de parcours suscitèrent un fort courant autodestructeur imputable à l’état embryonnaire des capacités intuitives.

 

            L’eccéité des espèces pensantes détermine un comportement collectif d’actes à agir dont on pressent l’écart par rapport au vrai, seul l’agissement étant de nature à susciter un mouvement convergent, hormis les rares cas de prise de conscience répertoriée ; or l’agissement exprime pour nous la foi et éclaire la propension individuelle à intercepter l’onde de Vide, refoulant dans un univers utopiste l’espoir de l’unité de l’élan fidéiste.

 

            Chronologiquement, ces épisodes négatifs eurent pour théâtre le cyclique précédent au cours duquel le rapprochement de notre espèce avec celle de Karzenstein, celle-ci alors semi-géométrisée, fut possible pour certaines races évoluées parmi toutes. Le terme anthropologique de « race » désigne une variété constante au sein d’une même espèce et pour nous, lecteurs appliqués des « Textes », rend compte du principe selon lequel ce sont les mouvements géologiques qui régissent le mouvement des communautés humaines et leur répartition sur le support n’est plus le fait d’un accident mais la résultante d’une configuration édaphique qui irriguera le germe de l’évolution spécifiquement idoine.

 

            L’onde naissante de ces rencontres aurait dû propager par mimétisme ambiant l’écho bénéfique de sa dynamique vers ceux qui la reçurent, même imparfaitement. Nous pouvons soupçonner dans l’échec à effet différé de cette alliance l’intangible vérité qui affirme que toute progression ne s’instaure que dans la conscience par soi du chemin à parcourir et nous venons, hélas, de mesurer l’opacité de cette entité psychique ; une deuxième cause se dissimule dans l’incapacité de vivre, lors d’un semblable situationnel, une qualité de choses dans la constance sans la présence directe de l’élément énergisant.

 

            Dans le cyclique qui suivit, notre Guide apprit, grâce à l’accès à la temporalité pluridimensionnelle, le rôle compensatoire qui fut le sien (et celui de ses pairs bien entendu) pour aider à l’autocorrection des évolutions erratiques, cette participation étant liée à l’informationnel de l’ordre implié.

 

            Ce développement récurrent de resuperposition par mutation prit les traits, à cet instant précis de l’échange, d’une assistance entre espèces différemment pourvues. Soulignons toutefois l’adéquation de la formule choisie selon les cas parmi beaucoup d’autres dévolues à la nature du circonstanciel à vivre (ordonnancement magnétique, espaces vectoriels, « viralisation » etc.).

 

            Cette place, comparable à celle d’un chef d’orchestre chargé d’harmoniser l’ensemble des pupitres mais aussi de « déchiffrer » la partition, leur fut conservée dans ce nouveau cyclique à un palier supérieur : celui des états de suspens où s’entrecroisent les ambiants.

 

            Le fruit de cette liaison compassionnelle se circonscrit - ce qui est loin d’être négligeable au regard de l’importance de la chose - au mode de procréation qui emprunta des formes naturelles fondées sur le « climatisme » et « l’apomixisme ».

 

            La fécondation opérant la constitution d’un œuf par fusion des éléments mâle et femelle, l’apomixie se présente comme une reproduction qui en fait abstraction ; s’agirait-il de la réunion de ces deux éléments mais conjugués par une technique extérieure à l’échange corporel ?

 

            Dans ce cas, nous avoisinerions une pratique proche de l’exogénisme des androgynes sur le plan de la manipulation génétique mais n’omettons pas de considérer, en la phase terminale du cyclique où nous nous trouvions, l’hérédité récessive due à la fixité conséquente du processus approximatif employé et l’intention du cogito qui l’entretint.

 

            Notre horizon ne devrait pourtant jamais plus connaître un aussi bel azur qu’en cette période où l’histoire de l’épopée humaine nous situa à l’apogée des possibilités de notre expression. Au terme du cyclique, l’involution qui frappa notre espèce devait surprendre les Etres de lumière autant qu’ils le furent par la disparition des androgynes.

 

            Comme il en est d’ailleurs fait mention dans un Texte antérieur, le présent étonnement note la distance entre le situé du Temps dimensionnel et le non situable de l’ordre qui le transcende. En matière de Temps, nous avons admis l’interdépendance de ses sections pour la compréhension profonde et totale de l’instant qui voit naître la prise de conscience du mouvement ; le Temps de la fulgurance de l’Intelligence Divine est celui de l’inabordable à la pensée réfléchie qui se confond avec l’Etre absolu dont la volonté n’est point production d’actes mais permanence de l’agencement constitutionnel, lequel désigne en lui-même une direction synchrone avec la fusion constante au sein de l’originel.

 

            Le temps où notre destin bascula dans l’irréparable fut également celui de la mutation évolutive de la civilisation engloutie, éternelle Loi de Compensation. Pour ces Etres, la rupture des ruptures se consuma en la délitescence ; cet attribut ontologique, ad majorem Atlantides gloriam, signa leur entrée parmi les Espèces immortelles dans le même temps où disparaissait brutalement tout désordre.

 

            Pour être complets, indiquons l’autre signification du mot « délitescence » qui est « dissolution d’un corps sous l’action de l’eau » ; or le déluge avec lequel ils firent corps en bout de cyclique aligne cette phénoménologie géophysique dans la perspective de ce second sens.

 

            La polysémie de ce substantif dont la racine latine « delitescere » veut dire « se cacher », « disparaître sans dommage » s’accorde fort bien avec la situation vécue même si la soudaineté de notre involution avancée en amont de la phrase nous ferait pencher pour le premier sens au principe de l’équilibre syntaxique.

 

            L’infime portion d’Intelligence Divine octroyée à notre souche génitrice - « infligée » serait plus juste au regard du caractère punitif de la mutation - n’empêcha point de nouveaux contacts favorisés par des plissements métamorphiques et un équilibre démographique prometteurs.

 

            Des premiers on peut imaginer le relief que revêtit le support par suite de la compression des couches sédimentaires et qui répartit les races évoluées dans des bassins géographiques tempérés, à l’abri des contacts délétères de lointains cousins englués dans la protohistoire. Du second on conservera le sentiment qu’en ces temps la démographie de ces espèces s’accordait avec les exigences de la densité ambiante.

 

            De ce fait, quelques brillants esprits de nos prédécesseurs eurent accès à une information justifiée par leur statut d’être en devenir et susceptible de nous épargner les affres du point de non-retour.

 

            L’espérance récupérera cet espoir hélas déçu dans le cœur de ceux, clairsemés, qui eurent encore assez de lucidité pour opposer l’obstination de la foi à l’inclination de la force. Le fourvoiement emporta l’homme dans sa conviction erronée de la rupture comme finalité de son existence et de l’acte comme raison de sa présence.

 

            Pour bien comprendre la première de ces assertions, constatons que la rupture portée au faîte de la finalité existentielle engage le sujet à s’adapter à ce but à atteindre, pour le moins inévitable. Guidé seulement par le situé, il n’y eut pas d’obstacle à ce qu’il admît sa fin comme un fait absolu. Il déploya une activité consciente fortement teintée d’anthropocentrisme qui orienta sensiblement la notion de finalité vers une acception interne, propre au vivant, exclusive de son équivalent externe que Kant, par exemple, opposait à la première et considérait comme la véritable finalité de l’être.

 

            Quoi qu’il en soit, le constat de rupture grossissait encore de l’échec qui avait sanctionné le figement du situé en chacune des opérations conscientes d’adaptabilité à la finalité de l’existence. Selon le principe de compensation, le Vide exerçant sa pression en lieu et place du volume provisoirement écarté, s’installe la souffrance dont il est rare que l’on sorte par une autre voie que celle du remplacement de l’intention, lequel maintient davantage le sujet dans l’onde de forme.

 

            A la faveur de cette précaire interception l’acte assuma la fonction de raison de vivre ; l’évidence de son apport constructif à l’édifice existentiel fut le témoignage de sa perception d’un temps enfermé dans les limites d’une vie consciente.  Malheureusement cette croyance ne fit l’objet d’aucune remise en cause collective. Le délai dont nous fîmes cas plus haut et dont le cogito s’employa à entretenir la constance dénatura profondément la destination évolutive de la qualité des choses vécues, appréciée en tant que qualité des choses à vivre.

 

            L’influence mimétique prit le pas sur le mimétisme osmotique et le seul acte qu’il eût été profitable d’accomplir, les moyens aidant bien sûr, s’éloigna définitivement de nos consciences pour ne subsister qu’à l’état semi-conscient dans le registre de l’agissement.

 

            C’est d’ailleurs cet espace du domaine psychique qui est le centre d’attention de la part des Etres transparents dans leur fonction de récupération des « élites » humaines en passe de vivre une mue évolutive. De celle-ci il est précisé qu’elle s’étage en degrés jalonnant, entre bioluminescence et transparence, un parcours variablement visité par l’impétrant en fonction de sa capacité à embrasser tous les ambiants ou une part seulement. La stratification en ce domaine se veut à l’image du systématisme cosmologique où tout se vit en désuperposition à partir d’un donné initial.

 

            Il serait erroné de conférer à la représentation du phénomène une structure verticale responsable de la géométrisation d’une physique qui se déploie indépendamment des repères métriques. C’est l’onde de Vide en sa présence intercalaire dans les couloirs existentiels qui qualifie le mouvement avec lequel, en fin de compte, s’uniformise l’espèce vécue. L’appartenance à la transparence cellulaire n’est qu’application ; dans les couloirs précités où s’entrecroisent les flux directionnels de cette vibration ondulatoire, la fluidité substantielle est jumelle de la multidimensionnalité temporelle (puisque Vide = Temps).

 

            Après avoir parcouru les étapes successives de ce qui ressemble à une chute, Karzenstein accepte, à la fin de ce brillant exposé où fut tracée la silhouette bien pâle de notre humanité, de répondre à une ultime question sur le territoire d’exercice d’un choix libre et conscient de notre part en marge de la pression ambiante ; prise de conscience et volonté d’aller à la souffrance tiennent lieu de voies offertes à notre vouloir.

 

            « Les choses vraies ne se structurent pas » ; lorsque la part de vrai que recèle une situation nous agresse, il convient de vivre en harmonie avec elle et de ne négliger aucune de ses sollicitations. Toute dérogation à cette injonction entraîne un retard dans l’évolution et un déséquilibre dans l’échange. La prise de conscience n’est autre que la prise en compte sans complaisance de cette image - bien que décalée dans le temps - reflétée par le miroir et qu’il est néfaste pour les mémoires futures d’occulter lorsque les aspects dérangeants commandent d’en rejeter les causes.

 

            L’absence d’assiduité dans la remise en question accélère de ce fait les regéométrisations et raccourcit d’autant les états de suspens. La concentration attentive que mobilise l’interception du vrai et son prolongement dans la constance nous conduit aux portes de la souffrance dont l’eccéité s’impose à la marche évolutive de tout ce qui aspire à « être ».

 

            « Mieux vaut solliciter la souffrance que d’attendre d’être sollicité par elle » nous fut-il conseillé. L’introspection, lorsqu’elle est conduite de façon à mettre en lumière la causalité des situations vécues, est source de souffrance. L’absence de justice, au sens de notre conscience, dans les actes agis engage le mouvement de notre esprit vers cette souffrance qui connaît son apogée dans « l’incapacité réalisée par celui-ci de pouvoir réaliser ce que l’idée de ses aptitudes en les reviviscences qui l’habitent lui propose ».

 

            Peut-on mieux formuler le fossé séparant nos actes de la qualité des choses à vivre ? La quête de cet éden insituable symbolise ce qu’est la foi pour notre espèce dans le même temps où la souffrance dont elle s’accompagne est foyer d’abstraction de soi au regard des effets qui abordent notre sensibilité.

 

            La poursuite de la souffrance n’est pas morbide. Elle est élévation car le spirituel l’éclabousse grâce à l’onde de Vide qui la vit.

 

            Nous voici parvenus au sommet de la montagne et nous ne pouvons toucher le ciel. L’espoir, qui à son pied a laissé croire que son pic aiguisé modulerait la lyre des dieux, s’évanouit. Devant nous l’horizon insaisissable de la connaissance accueille, au crépuscule de nos illusions, le soleil incandescent de la Vérité infinie.

 

            La perspective de la raison nous a trompés une fois de plus car, poussés par la vanité qui ose plier la réalité à la pression de nos sens, nous avons cru que l’analyse serait la voie du salut. Certes, l’ascension ne fut pas vaine et si d’autres voies demeurent, aucune n’a le privilège de la primauté.

 

            L’effort de la Pensée dans l’élévation est mouvement total de l’être tendu vers un point de convergence. Ce mouvement scande qu’aucune certitude n’est figée ni acquise en les mots ; au mieux est-elle l’expression de l’instant où elle s’intercepte avant de diffuser sa partition dans l’échange sur lequel l’horloge du temps invite à passer.

 

            Quelle que soit la pertinence d’une critique, plus encore dans le cas présent, aucune n’autorise à faire l’économie du doute car le mot, dans sa géométrie étroite, enserre une pensée qui aspire à l’envol.

 

            Notre devoir commun, confrontés à l’édifiante beauté des Textes, est d’ouvrir une route personnelle faite de rigueur et d’originalité car si la destination est la même pour tous, la fréquentation de la souffrance reste individuelle.

 

            Puisse la forge de ma raison inquiète être parvenue à tremper un outil que l’usage sagace du lecteur ne brisera pas trop vite.   

 

 

 

 

 

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